Publié le 1 mars 2015
Téléchargements
Télécharger l'articleL'essentiel
Afin d'évaluer la faisabilité d'une production de volailles à croissance intermédiaire avec un aliment à teneur réduite en soja, une expérimentation a été réalisée afin d’obtenir des données pour la réalisation d’une évaluation multicritère. Trois stratégies alimentaires ont été comparées : un témoin (avec du tourteau de soja), une stratégie « bas soja » (BS : réduction d’environ 50% du niveau d’incorporation de soja) et une stratégie « sans soja » (0%S) intégrant des sources de protéines alternatives (tourteaux de tournesol décortiqué et colza, drêches de maïs, pois, féverole et glutens de blé et maïs). Les aliments ont été distribués à 2256 poulets JA 957 des deux sexes élevés en claustration jusqu'à 56 j. Différentes mesures ont été réalisées : performances de croissance, lésions cutanées, qualité des produits et bilans environnementaux. Si les performances de la stratégie BS étaient identiques au témoin, la stratégie 0%S a dégradé le poids à l’abattage (2,712 kg pour la stratégie 0%S vs. 2,806 et 2,972 kg pour le témoin et la stratégie BS), l’indice de consommation et le rendement filet. Les niveaux d’excrétion d’azote et phosphore n’étaient pas identiques au témoin (BS > T pour l’azote et BS et 0%S > T pour le phosphore) et que la volatilisation de l’azote du fumier était réduite dans la stratégie 0%S (25% pour la stratégie 0%S vs. 40% environ pour le témoin et la stratégie BS). Une évaluation plus globale à l’échelle de la filière de production a montré que le coût de production du vif n’était pas affecté par la stratégie BS mais qu’il augmentait avec la stratégie 0%S (+4%). Néanmoins, les émissions estimées de gaz à effet de serre étaient fortement réduites dans les stratégies BS et 0%S respectivement (-12 et -27%). Enfin, de telles stratégies permettraient de répondre davantage aux attentes du consommateur (alimentation non OGM, matières premières locales… pour une qualité de la viande maintenue) tout en limitant les impacts environnementaux (hausse de la consommation d’énergie mais émissions de GES réduites) et économiques (coût de production plus élevé).