L’implantation de plantes médicinales sur les parcours de volailles biologiques : quels intérêts, quelles conséquences ?

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de K. Germain + Auteurs Publié en mars, 2015

K. Germain, V. Guesdon, C. Cayez, E Lamothe, J. Cabaret

Article de 5 pages

L'essentiel

Même s’il contribue à un certain bien-être animal, le parcours de volaille constitue un réservoir de micro-organismes ou de parasites qui peut représenter un facteur de risque pour la santé animale. Des travaux précédents (Jurjanz et al., 2011) ayant montré que les plantes du parcours étaient ingérées, nous avons étudié la faisabilité d'introduire sur le parcours des espèces végétales à vertus thérapeutiques et les conséquences sur les différents paramètres d’élevage (comportement, performances, sanitaires…). Ainsi 2 bandes de 3000 poulets biologiques ont été suivis jusqu’à 84 jours, une bande de printemps et une bande d’automne. Sur les parcours, 4 plantes ont été introduites en « carré des Moines »: fenugrec, tanaisie, thym et ail. Les carrés de plantes ont été répétés à différents endroits sur le parcours. Ces plantes ont été choisies en raison de leurs propriétés médicinales, selon la bibliographie ou certains essais ponctuels d’activité antiparasitaire, et de leurs facilités à être cultivées en climat tempéré. Il a été réalisé un suivi des performances zootechniques, du comportement exploratoire, de l’état des carrés de plantes introduites et du parasitisme helminthique. Nous avons montré que les poulets n’avaient pas le même intérêt pour toutes les plantes. Le fenugrec a été totalement consommé sur pratiquement tout le parcours, la tanaisie et l’ail ont été consommés de façon variable selon les saisons et la zone du parcours, et enfin, le thym n’a pas été consommé. La consommation de plantes a été plus importante en automne qu’en été. De plus, en automne, le pourcentage de poulets à l’extérieur sur les parcours est plus important que pour des parcours sans implantation de plantes. Lorsque les plantes ont un stade de développement suffisant, leur présence a donc favorisé la sortie des animaux sur les parcours. L’impact sur le parasitisme n’a pas pu être mis en évidence. Enfin, l’introduction de plantes à propriété antiparasitaire n’a pas altéré pas les performances zootechniques. L’implantation de plantes médicinales sur les parcours a donc eu un effet sur le comportement des animaux. Les animaux ont été attirés uniquement par certaines plantes. Plusieurs hypothèses seront à explorer : des différences d’appétence ou d’effet sur la santé des animaux.