Influence des palmipèdes sur la croissance des chênes truffiers : bilan après 5 années d’implantation des arbres sur les parcours.

Nouvelle recherche
de M. BIJJA + Auteurs Publié en mars, 2017

M. BIJJA, F. LAVIGNE, P. REJOU, J. ARROYO

Article de 5

L'essentiel

L’agroforesterie renvoie une image positive en matière de bien-être des animaux en association avec le terroir et ses produits. En effet, le système associant les palmipèdes à la production de noix AOC Périgord a montré son intérêt aussi bien sur l’apport d’ombre en été pour les oies, qu’avec l’amélioration de la vitesse de pousse et de production en fruits des arbres liées à la valorisation des déjections des oies par les noyers. Ce nouvel essai avait pour intérêt d’étendre les essais à une production peu étudiée dans cette configuration : la production de truffes noires. En effet, le sud de la France possède de nombreuses truffières (2 000 ha plantées ces 20 dernières années en Dordogne, Lot, Lot et Garonne et autres départements d’Aquitaine et de Midi Pyrénées) qui, dans un système agroforestier, pourraient permettre d’utiliser au maximum l’espace disponible par les palmipèdes tout en apportant aux arbres les éléments nutritifs permettant un meilleur développement racinaire précoce qui est l’élément clef de la production de champignons. L’essai a porté sur la réalisation en 2011 de 2 parcours de 0,48 ha possédant 83 chênes truffiers (chênes verts et pubescents mycorhizés INRA) chacun. Le dispositif expérimental est composé d’un parcours témoin sans palmipèdes et d’un avec palmipèdes. Il a été mesuré l’impact que peut générer cette association “ palmipèdes - chênes truffiers ” en termes de croissance des arbres et de production de truffes à moyen-long terme. Des mesures de la composition du sol sur parcours ont été réalisées afin de voir l’effet de la présence de palmipèdes sur un tel parcours. Entre la première et la cinquième année, la croissance des chênes truffiers était supérieure (respectivement + 16% et + 39%, P < 0,001) sur le parcours avec animaux par rapport à un témoin sans animaux. La composition chimique du sol présentait une certaine stabilité entre le parcours témoin et le parcours avec animaux avec des rapports C/N compris entre 12 et 9. A ce stade de l’étude, aucun champignon n’a été trouvé ce qui est normal vu l’âge de production moyen de 7 ans. Cependant à la vue des résultats, on peut supposer que la croissance des arbres favorisée par la présence des palmipèdes, sans déséquilibre agronomique du sol, entrainera très rapidement une production de truffes grâce à l’optimisation précoce du développement racinaire des chênes. _x000D_