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Aviculture et respect de l'environnement
(STA hors-série 2001)
Introduction :
Comme les autres productions agricoles, l’aviculture a évolué vers la recherche d’une plus grande maîtrise du processus productif en vue d’abaisser les coûts de production. Ce changement a caractérisé le processus d’industrialisation de l’aviculture conduisant à ce que l’on a appelé le modèle productiviste.
Un tel modèle a fait la preuve de son succès en termes de performances techniques. Mais il a semble-il atteint ses limites, notamment par rapport à ses conséquences environnementales, et plus particulièrement dans certaines régions, comme la Bretagne, où la structuration de la filière a joué un grand rôle dans l’industrialisation de la production avicole. L’existence des divers maillons de la filière dans un environnement géographique relativement restreint a été longtemps un atout : en amont, les facilités portuaires de la région ont autorisé l’incorporation au moindre coût des matières premières constitutives des aliments composés, rendant ainsi les exploitations bretonnes plus compétitives et favorisant leur croissance ; en aval, l’industrie de l’abattage et de la découpe s’est développée régionalement permettant ainsi une meilleure valorisation de la production, d’où une incitation supplémentaire au développement local.
Cet atout économique de la concentration s’est transformé progressivement en inconvénient majeur compte tenu des pollutions générées par les effluents d'élevage : pollution des eaux par les nitrates et les phosphates, de l’air par l’ammoniac, des sols par le cuivre et le zinc, sans compter l’agression visuelle que peuvent constituer les bâtiments d’élevage ou encore les nuisances occasionnées par les mauvaises odeurs.
Cette dégradation environnementale est perçue par toute la population, et pas seulement dans les grandes régions de production. Et si le consommateur apparaît gagnant parce que le modèle productiviste a permis une forte baisse relative des dépenses alimentaires, le citoyen-contribuable a l’impression de payer une facture de plus en plus lourde avec le financement de la lutte anti-pollution.
Face aux attentes de la société concernant les pratiques de l’agriculture vis à vis de l’environnement, le concept d’agriculture raisonnée suscite beaucoup d’intérêts. Celle-ci se caractérise par la mise en œuvre de moyens techniques dans une approche globale de l’exploitation. Le mode de production raisonnée en agriculture correspond à une démarche globale de gestion d’exploitation qui vise, au-delà du simple respect de la réglementation, à renforcer les impacts positifs des pratiques agricoles sur l’environnement et à en réduire les effets négatifs, sans remettre en cause la rentabilité économique des exploitations. Au-delà des impératifs de sécurité sanitaire des produits agricoles, qui s’imposent à toutes les productions, le mode de production raisonnée peut faciliter la maîtrise des risques sanitaires et contribuer à l’amélioration du bien-être animal. Il peut ainsi contribuer à apporter des réponses aux attentes de la société.
On a dit au début des années 90 qu’après avoir relevé les défis de la productivité et de la compétitivité, l’aviculture allait devoir relever celui de l’environnement et que c’était le défi majeur de cette fin de siècle. Le temps a passé, on a changé de siècle et même de millénaire, et l’environnement est toujours un défi et le restera car la protection de l’environnement n’est pas l’affaire d’un jour, mais à faire tous les jours. Le postulat est relativement simple : il s’agit de respecter de la meilleure façon possible la nature tout en maintenant voire même en améliorant la rentabilité économique des exploitations et en favorisant la qualité technologique et sanitaire des produits. C’est vrai qu’il s’agit là d’un véritable défi, mais d’un défi désormais permanent, à relever sans cesse et avec d’autant plus de difficultés que les règles ont souvent changé.
Travailler dans le respect de l'environnement est le souhait de la plupart des exploitants. Cette préoccupation reflète, entre autres, la prise de conscience du caractère fragile de certaines ressources naturelles et de l'irréversibilité de certains dommages causés à l'environnement.