Missions



Au cours des dix dernières années, les productions animales ont vu leur environnement réglementaire se modifier en profondeur en raison d’une volonté affirmée par le législateur, sous l’effet de la demande sociale, d’encadrer la dimension éthique de ce type d’activité. Le bien-être des animaux de ferme est ainsi devenu un sujet incontournable dans la réflexion menée autour de l’évolution de ces productions. Aviculture et cuniculture n’échappent pas à cette nouvelle donne.

Depuis 1995, l’ITAVI a créé en son sein une « cellule bien-être animal » chargée de conduire une veille bibliographique et une réflexion autour de la problématique. Cela s’est traduit par le développement de programmes expérimentaux réalisés en collaboration avec les professionnels et les acteurs de la recherche et s’intégrant, généralement, dans une approche multidisciplinaire des systèmes d’élevage.

Aujourd’hui, cette activité s’articule autour de trois axes majeurs.

I. Analyser les conséquences socio-économiques pour l’éleveur et le consommateur

II. Evaluer l’impact des modes d’élevage sur le bien-être des animaux

III. Aider les filières dans leurs évolutions



I. Analyser les conséquences socio-économiques pour l’éleveur et le consommateur


Au delà des conséquences technico-économiques directes, l’évolution des systèmes de production induit des modifications de l’offre de produits et des conditions de travail des éleveurs. Valider l’adéquation de cette nouvelle offre avec les attentes du consommateur et analyser la perception qu’ont les éleveurs de leur avenir permettent d’alimenter la réflexion stratégique des opérateurs et d’esquisser une évaluation des politiques conduites.
Concrètement, cette approche repose classiquement sur la réalisation d’études « consommateur » réalisées en collaboration avec un cabinet spécialisé (œuf de consommation, foie gras, mesure du bien-être en élevage, etc…) et des enquêtes « filière » (qualitatives et quantitatives) à partir desquels certains scénarios peuvent être élaborés (évolution de la filière « œuf de consommation » par exemple). Mais un nouveau champ d’étude est en cours de développement, l’analyse des conditions de travail en relation avec les nouveaux systèmes de production.
Adapter l’outil à l’homme et évaluer son acceptabilité sont, en effet, aussi, des enjeux majeurs que doivent relever les acteurs d’une agriculture durable.

II. Evaluer l’impact des modes d’élevage sur le bien-être des animaux


Modifier l’environnement de l’animal, au delà d’un vision anthropomorphe, aura des conséquences directes sur le bien-être de l’animal. Cependant, de l’objectif au design, il n’y a pas de place pour la subjectivité. Dans ce but, nous développons de nombreuses collaborations avec les scientifiques et les structures d’enseignement afin d’évaluer grâce aux outils de l’éthologie, de la physiologie, de l’hygiène … les conséquences pour l’animal des principaux paramètres du logement.
Ainsi, à titre d’exemple, des études sont conduites, sur le terrain ou en station, sur les effets de la densité (chez la dinde et le canard mulard par exemple), de l’aménagement des bâtiments ou des cages (évaluation approfondie de l’impact de la présence d’une plate-forme surélevée dans les cages destinées au logement des lapines réalisée à la station expérimentale cunicole de l’ITAVI) ou de certaines pratiques (effet « rebond » chez le canard mulard soumis à différentes durées de contention).

III. Aider les filières dans leurs évolutions


Beaucoup de nouveaux prototypes d’élevage sont apparus ces dernières années sous l’effet de la recherche ou de la réglementation. Mais du concept au système de production, de nombreux développement doivent être réalisés.
Dans ce but, plusieurs réseaux d’élevage ou d’entreprises ont été constitués afin de resituer la problématique dans son contexte, c’est à dire le « terrain », et de bénéficier des synergies ou des complémentarités de point de vue.
Actuellement, différents prototypes de logements sont utilisés par des éleveurs de poules pondeuses, de canards mulards ou de lapins par exemple afin d’analyser leurs avantages et inconvénients et de proposer des améliorations. Mais cette démarche s’étend aussi aux entreprises. Cela est notamment le cas au travers d’une réflexion collective menée sur la mesure du bien-être en routine chez le poulet de chair qui devrait, à terme, conduire à une évaluation des systèmes envisagés.


ITAVI - 28, rue du Rocher - 75008 Paris